Ce dicton espagnol au sujet des merveilles de la civilisation musulmane, en Andalousie, signifie ce qui suit : «Celui qui n’a pas vu Séville, n’a vu aucune merveille, Mais celui qui n’a pas vu Grenade, n’a rien vu du tout (de toute sa vie)»
Une construction magnifique L’Alhambra se présentait comme une vaste forteresse de la merveilleuse capitale de l’Andalousie, Grenade, du temps de la splendeur de la civilisation musulmane dans la péninsule ibérique conquise à partir de 711. En effet, le célèbre palais-forteresse formait l’un des quatre quartiers de la ville de Grenade et servait de résidence aux souverains musulmans. Il était situé sur une colline aride appelée Sierra del Sol (la montagne du Soleil). Il était entouré par les eaux de deux petites rivières, le Xénil et le Darro. Une double muraille la défendait contre les attaques ennemies et pour cela, elle devait être imprenable avant lutilisation de lartillerie au Moyen-Age.
Fondation de l’Alhambra On doit la fondation de la ville de Grenade à l’émir Abou Abdallah An-Naser (1231-1273). Le nom d’Al-Hamra (la rouge) lui vient de la couleur des matériaux utilisés pour sa construction, ou du reflet que lui avait donné la lueur des flambeaux, car, , dit-on, on a dû travailler surtout de nuit. Une autre version affirme que ce nom est celui de la tribu Banou El Ahmar à laquelle appartenait ce prince bâtisseur. Le palais de lAlhambra fut terminé après sept années de dur labeur (1338). Quand les Rois Catholiques occupèrent la ville après en avoir chassé les habitants ils y ajoutèrent d’autres constructions encore. Jaloux, Charles-Quint, l’empereur chrétien – dont l’empire s’étendait sur tous les continents et «sur lequel le soleil ne se couchait jamais» -- fit élever sur les ruines de quelques parties de ce merveilleux palais, un château, certes imposant, mais qui ne pouvait égaler en splendeur avec la construction arabe.
Un aspect architectural étonnant Vue de lextérieur, lAlhambra pouvait donner l’image d’un édifice lourd, sans ordre et n’obéissant à aucune règle ; les façades, construites en pisé étaient dépourvues dornements. Mais lintérieur réserve une surprise monumentale (sans jeu de mots) car c’est un véritable chef-dœuvre de larchitecture arabo-musulmane. Le plan est conçu à la romaine, et les vastes cours, les portiques, les galeries ainsi que les bains offrent des détails différents comme un mélange de plusieurs architectures de civilisations variées (latine, gothique, indoue, chinoise, orientale etc. Pour paraphraser un observateur, lAlhambra se présente comme une œuvre dun peuple qui aurait voyagé à travers beaucoup de siècles et visité plusieurs pays de différentes cultures. Le palais de l’Alhambra comportait de nombreuses entrées, la principale étant appelée la porte du Jugement, située dans une grosse tour carrée où se trouvait une fontaine qui existait déjà sous le règne de l’empereur Charles-Quint. De là, on parvenait dans le patio (cour), lAlberca (cour du Vivier ou des Bains), aux imposantes dimensions puisqu’elle s’étendait sur 50 m de longueur et était large de 8 m. Au milieu, il y avait un profond bassin deau pourvu de deux escaliers de marbre entouré par une grande verdure formée par des myrtes et dorangers. Les plafonds, de bois de cèdre, en marqueterie, se distinguent par des ornements peints et dorés. A côté, se trouve une galerie menant à une salle dite de la Barca, et à la salle des Ambassadeurs. C’est dans cette vaste salle qu’avaient lieu les réceptions. Les murs étaient garnis de mosaïques en faïence et dornements en stuc mais les murs portaient les devises des émirs de Grenade. A lest et à louest de la cour des Bains, il y avait la célébrissime cour des Lions, la tour dite des Deux-Sœurs, la salle du Jugement, et, enfin, la salle des Abencérages.
Dans la cour des Lions La cour des Lions a 30 m de long et 10 m de largeur. Elle était pavée, autrefois, de grandes briques émaillées, blanches et bleues. Elle était entourée dune galerie large de 3 à 4 m, et soutenue par 128 colonnes de marbre blanc. Les murs étaient revêtus de tuiles bleues et jaunes, disposées en échiquier. Au-dessus et au-dessous règne une bordure de petits écussons en bleu et or, sur laquelle sont inscrites des sentences musulmanes. Les colonnes avaient 0,21 m de diamètre et 2,75 m de hauteur, ornées de chapiteaux ornés de dessins très variés, dont quelques-uns se répètent plusieurs fois dans la galerie. Les arcs en fer à cheval que supportent les colonnes ont des dimensions allant de 1,27 m douverture à 0,92 m. Le toit de cette galerie était richement décoré à lextérieur. A l’extrémité de la cour des Lions, on voit des portiques d’une grande largeur et qui présentent à leur centre, un pavillon ouvert de forme à peu près carrée, avec 5 m de côté. A leurs frontons, l’ancien empereur, Charles-Quint, avait fait placer son aigle à deux têtes symbole de la royauté espagnole. Rappelons que cette cour des Lions tire son nom de la célèbre fontaine placée en son centre. Elle a un bassin polygonal de 4,72 m de diamètre, du milieu duquel sélève un autre bassin en albâtre; le tout supporté par 12 lions en marbre blanc poli. Un grand volume deau jaillissait du bassin supérieur, et retombait sous la forme dune demi-coupole; puis leau vomie par les lions était reçue dans un réservoir en marbre blanc, doù elle était distribuée par des canaux dans les appartements intérieurs. Une pure merveille de l’architecture et du génie arabo-musulman !
De magnifiques salles fonctionnelles Face à la salle des Abencérages, se dresse l’admirable entrée de la tour des Deux-Sœurs, deux pièces de marbre plates et polies réservées aux femmes. Pour protéger le plafond de cette salle et les ornements de lintérieur contre le mauvais temps, le froid ou les grandes chaleurs, on avait construit les murs extérieurs de la tour à 3 m au-dessus du dôme, puis ils furent recouverts dune toiture, précaution attentionnée prise dans plusieurs autres coupoles. Enfin, on arrive dans un petit jardin, puis dans le bâtiment que Charles-Quint avait fait construire sur le côté est de l’Alhambra. Les appartements sont petits et bas; chaque pilier portant la devise de lempereur « Plus ultra». S’ensuit une tourelle appelée le cabinet de toilette de la Sultane. Cétait une petite pièce carrée au milieu dune galerie ouverte. Charles-Quint y avait fait peindre sur les murs ses diverses expéditions qu’il avait menées durant son long règne. On aboutissait, ensuite, à la salle des Ambassadeurs. Evidemment, il y avait dautres pièces auxquelles on descendait par des escaliers dérobés : la chambre à coucher du roi, richement décorée et meublée avec un jet deau placé au milieu, pour la rafraîchir durant les journées et les nuits de la saison chaude. Derrière, des issues mènent aux bains royaux, composés dun cabinet pour les enfants, de salles pour les grandes personnes, et de deux chambres voûtées où se trouvaient les fourneaux et les chaudières pour l’eau. L’Alhambra témoigne du génie de l’Islam en terre ibérique.
Fuente: La nouvelle republique (Mihoubi Rachid)
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